Démonstration

Plan de sécurité informatique : contenu, étapes et outils

Le plan de sécurité informatique dit qui fait quoi, et pour quand. Son contenu type, ce qui le distingue de la PSSI, les sept étapes pour le bâtir et les outils pour le suivre.

· 11 min de lecture
Illustration : des cases de verre cochées en grille, une en orange

Le plan de sécurité informatique est la liste des mesures qu'une organisation s'engage à mettre en œuvre pour réduire ses risques cyber, chacune avec un responsable, une échéance, un budget et un statut. On le confond souvent avec la PSSI, qui fixe les règles. Le plan, lui, dit comment on les applique et comment on comble les écarts, trimestre après trimestre. Voici son contenu type, la méthode pour le construire, un exemple et les outils pour le suivre.

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Plan de sécurité informatique : définition

Le plan de sécurité informatique (on parle aussi de plan d'action sécurité ou de plan de sécurisation) traduit en actions concrètes les conclusions de trois démarches : l'analyse de risques, les audits de cybersécurité et les obligations qui s'appliquent à l'organisation. Il porte en général sur un à trois ans, découpés en trimestres.

Les référentiels le demandent sous d'autres noms. ISO 27001 exige un plan de traitement des risques (clause 6.1.3) et, pour chaque objectif de sécurité, de préciser ce qui sera fait, avec quelles ressources, par qui, pour quand et comment le résultat sera évalué (clause 6.2). La méthode EBIOS Risk Manager conclut son cinquième atelier par un plan d'amélioration continue de la sécurité (voir notre chapitre sur l'atelier 5). NIS 2 attend des mesures de gestion des risques et l'évaluation de leur efficacité (article 21).

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Plan de sécurité, PSSI, charte, PCA : qui fait quoi

DocumentQuestion à laquelle il répondHorizonPublic
PSSIQuelles règles de sécurité s'appliquent, et qui en est responsable ?Durable, revue chaque annéeDirection, équipes informatiques, métiers
Plan de sécurité informatiqueQuelles actions mener, par qui et quand, pour réduire les risques ?Un à trois ans, suivi trimestrielRSSI, DSI, responsables d'actions, direction
Feuille de route cybersécuritéOù veut-on être dans trois ans, et par quelles grandes étapes ?Trois ansDirection, comité des risques
Charte informatiqueQue doit faire, et ne pas faire, chaque utilisateur ?DurableTous les salariés
PCA et PRAComment continuer et redémarrer après un sinistre ?Durable, testé chaque annéeDirection, métiers, informatique

La feuille de route fixe le cap ; le plan de sécurité en est le détail opérationnel, souvent pour l'année en cours. La PSSI dit « tout accès distant passe par une authentification multifacteur » ; le plan dit « authentification multifacteur sur le VPN pour tous les prestataires, responsable DSI, fin du premier trimestre ».

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Le contenu type d'un plan de sécurité informatique

  1. Périmètre et objectifs : entités, sites, systèmes couverts ; objectifs chiffrés quand c'est possible.
  2. État des lieux : résultats d'audit, écarts au référentiel choisi, incidents récents.
  3. Risques prioritaires : les scénarios retenus par l'analyse de risques, avec leur niveau actuel et visé (voir risque inhérent et risque résiduel).
  4. Liste des actions : pour chacune, une description, le risque ou l'exigence couvert, un responsable, une échéance, un budget ou une charge, une priorité et un statut.
  5. Dérogations : les écarts acceptés en connaissance de cause, avec leur justification, leurs mesures compensatoires et leur date de fin.
  6. Indicateurs : avancement, actions en retard, évolution des risques, à reprendre dans le tableau de bord de la sécurité.
  7. Gouvernance : qui valide le plan, à quel rythme il est revu, comment il est présenté à la direction.
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Construire un plan de sécurité informatique en 7 étapes

  1. Fixer le périmètre et le mandat. La direction désigne un pilote, souvent le RSSI, et valide l'horizon du plan.
  2. Choisir un référentiel de comparaison. Le guide d'hygiène informatique de l'ANSSI pour une première démarche ; le ReCyF, version 2.5 publiée en mars 2026, pour les entités visées par NIS 2 ; le guide de la sécurité des données personnelles de la CNIL, réorganisé en 25 fiches dans son édition 2024 ; l'annexe A d'ISO 27001 ou le NIST CSF pour une approche plus large.
  3. Faire l'état des lieux par entretiens et preuves : ce qui est en place, partiellement en place, absent.
  4. Relier les écarts aux risques. Un écart qui ne correspond à aucun risque important attendra ; un écart sur un scénario grave passe en tête.
  5. Prioriser. Croiser la réduction de risque et l'effort : les mesures fortes et peu coûteuses d'abord, les grands chantiers découpés en étapes.
  6. Planifier et chiffrer : un responsable nommé (pas un service), une échéance réaliste, une estimation de budget et de charge.
  7. Faire valider et suivre. Validation par la direction, revue mensuelle de l'avancement, bilan trimestriel, mise à jour après chaque incident ou audit.
Schéma animé : à gauche, trois sources (analyse de risques, audits et écarts, exigences comme NIS 2 et le RGPD) alimentent un tableau d'actions ; en dessous, un cadre en pointillés rappelle que la PSSI porte les règles, stables et revues chaque année. Le tableau liste cinq actions avec responsable et échéance : authentification multifacteur sur les accès distants (DSI, trimestre 1), sauvegardes hors ligne (production, trimestre 2), comptes à privilèges revus (RSSI, trimestre 2), clauses de sécurité des tiers (achats, trimestre 3), exercice de crise (direction, trimestre 4). Au fil des trimestres, les statuts passent de « à faire » à « en cours » puis « fait » et la barre d'avancement se remplit. Message : la PSSI fixe les règles, le plan dit qui fait quoi et pour quand.
Le plan de sécurité transforme les résultats des analyses de risques, des audits et des exigences en actions datées et suivies. La PSSI, elle, fixe les règles.
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Les mesures prioritaires d'un premier plan

Pour une organisation qui démarre, le service MonAideCyber de l'ANSSI propose, à l'issue d'un diagnostic gratuit mené avec un aidant, six mesures prioritaires à mettre en œuvre en six mois. Le guide d'hygiène et le ReCyF permettent d'aller plus loin. Les domaines qui reviennent dans tous ces référentiels :

DomaineExemples de mesuresPourquoi en priorité
Comptes et accèsAuthentification multifacteur sur les accès distants et la messagerie, comptes d'administration séparés, revue des droitsLes identifiants volés sont la première porte d'entrée
Mises à jourCorrectifs appliqués dans un délai fixé, priorité aux équipements exposés sur InternetLes failles connues sont exploitées en quelques jours
SauvegardesCopie hors ligne ou isolée, restauration testéeC'est ce qui permet de redémarrer après un rançongiciel
Exposition sur InternetInventaire des services exposés, fermeture de ce qui n'est pas nécessaireOn ne protège pas ce qu'on ne connaît pas
Postes et réseauDroits d'utilisateur standard, antivirus, cloisonnement des zones sensiblesLimiter la propagation d'une attaque
Journalisation et détectionJournaux centralisés et conservés, alertes sur les comptes à privilègesDétecter tôt, et pouvoir enquêter
PersonnesSensibilisation des fonctions exposées, signalement simple (voir le pare-feu humain), kit de Cybermalveillance.gouv.frL'hameçonnage reste le premier vecteur
TiersListe des prestataires critiques, clauses de sécurité, évaluation (voir la gestion des risques tiers)Une part croissante des attaques passe par un fournisseur
Incidents et criseProcédure de réponse, contacts d'urgence, exercice annuelGagner des heures le jour où l'incident survient
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Un exemple de plan de sécurité informatique

Exemple fictif : une entreprise industrielle de 150 salariés, deux sites, un informaticien et un prestataire d'infogérance. Après un diagnostic sur le guide d'hygiène de l'ANSSI et une analyse de risques simplifiée, elle retient le plan suivant pour l'année :

ActionRisque couvertResponsableÉchéanceCharge
Authentification multifacteur sur la messagerie et le VPNVol d'identifiantsInformaticienT1Faible
Sauvegarde hors ligne et test de restaurationRançongiciel, perte de donnéesInfogérantT1Moyenne
Inventaire des équipements exposés, fermeture des accès inutilesExploitation de faillesInfogérantT2Faible
Comptes d'administration séparés, revue des droitsÉlévation de privilègesInformaticienT2Moyenne
Procédure de vérification des changements de RIBFraude au virementDirection financièreT2Faible
Cloisonnement du réseau de productionArrêt de la productionInfogérantT3Élevée
Clauses de sécurité dans les contrats des cinq prestataires critiquesAttaque par un tiersAchatsT3Moyenne
Procédure de réponse aux incidents et exerciceCrise mal géréeDirection généraleT4Moyenne

Le cloisonnement, trop lourd pour un seul trimestre, est découpé : étude au troisième trimestre, réalisation l'année suivante, dans la feuille de route à trois ans. En attendant, une dérogation documentée accepte l'écart avec une mesure compensatoire (surveillance renforcée des accès au réseau de production).

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Les outils pour suivre un plan de sécurité informatique

  • Le tableur. Suffisant pour une vingtaine d'actions et un pilote unique. Ses limites apparaissent vite : versions multiples, pas de relance, historique perdu, consolidation manuelle des actions issues de démarches différentes.
  • L'outil de gestion de projet. Utile pour les chantiers techniques, mais il ne relie pas une action au risque ou à l'exigence qu'elle couvre.
  • La plateforme GRC. Elle relie chaque action à son origine (risque, exigence, audit, fournisseur), relance les responsables, trace les dérogations et met à jour le niveau de risque quand l'action avance. Notre comparatif des outils GRC aide à choisir.

Dans un SMSI, le plan alimente la revue de direction. Le logiciel de suivi des plans d'action de Phinasoft rassemble les actions issues des analyses de risques, des audits, des campagnes et des évaluations de tiers, avec échéances, relances, dérogations et rapports pour la direction.

Synthèse

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Des actions, pas des règles

Le plan de sécurité informatique liste des mesures datées, avec un responsable, un budget et un statut. La PSSI fixe les règles durables ; le plan dit comment on s'en rapproche.

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Partir des risques

On le bâtit à partir de l'analyse de risques, des audits et des obligations, en comparant l'existant à un référentiel (hygiène ANSSI, ReCyF, guide CNIL), puis on priorise.

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Suivre et rendre compte

Un plan ne vaut que s'il avance : revue mensuelle, indicateurs simples, dérogations tracées et bilan à la direction.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un plan de sécurité informatique ?

C'est le document opérationnel qui liste les mesures de sécurité à mettre en œuvre sur une période donnée, en général un à trois ans, avec pour chacune un responsable, une échéance, un budget et un statut. Il découle de l'analyse de risques, des audits et des obligations réglementaires.

Quelle différence entre un plan de sécurité et une PSSI ?

La PSSI (politique de sécurité des systèmes d'information) fixe les règles et les principes durables : qui a accès à quoi, comment on protège les données, qui est responsable. Le plan de sécurité dit quelles actions mener, par qui et quand, pour appliquer ces règles et réduire les risques. La PSSI change peu ; le plan évolue chaque trimestre.

Que contient un plan de sécurité informatique ?

Le périmètre et les objectifs, l'état des lieux, les risques prioritaires, la liste des actions (description, risque ou exigence couvert, responsable, échéance, budget, priorité, statut), les dérogations acceptées, les indicateurs de suivi et le circuit de validation et de revue.

Le plan de sécurité informatique est-il obligatoire ?

Aucun texte n'emploie ce nom, mais plusieurs l'imposent en substance : ISO 27001 exige un plan de traitement des risques et des plans pour atteindre les objectifs de sécurité ; NIS 2 demande des mesures de gestion des risques et l'évaluation de leur efficacité ; le RGPD exige des mesures de sécurité adaptées au risque. Un plan daté et suivi est la façon la plus simple de le démontrer.

Par quelles mesures commencer ?

Par celles qui réduisent le plus le risque pour un effort modéré : authentification multifacteur sur les accès distants et les comptes à privilèges, mises à jour, sauvegardes hors ligne testées, inventaire des équipements exposés sur Internet, sensibilisation des fonctions exposées et procédure de réponse aux incidents. Le guide d'hygiène informatique de l'ANSSI et le service MonAideCyber aident à les choisir.

Quel outil utiliser pour suivre un plan de sécurité ?

Un tableur suffit pour une vingtaine d'actions et un seul responsable. Au-delà, ou quand les actions viennent de plusieurs démarches (analyses de risques, audits, évaluations de fournisseurs), un logiciel de suivi des plans d'action ou une plateforme GRC évite les doublons, relance les responsables et produit les rapports pour la direction.

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