Démonstration

ISO 31000 : principes, cadre et processus du management du risque

Ce que contient la norme ISO 31000 : huit principes, un cadre porté par la direction et un processus en six activités. Puis ce qui la distingue d'ISO 27005, et pourquoi elle ne se certifie pas.

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Illustration : des anneaux de verre concentriques autour d'un cœur orange

ISO 31000 est la norme internationale qui donne des lignes directrices pour le management du risque : huit principes, un cadre organisationnel porté par la direction et un processus applicable à tous les risques, dans toute organisation. Elle est la référence commune de la gestion des risques, et les méthodes spécialisées, d'ISO 27005 à EBIOS Risk Manager, reprennent son processus. Elle a une particularité qui surprend souvent : elle ne se certifie pas. Voici ce qu'elle contient, ce qui la distingue d'ISO 27005 et comment s'en servir.

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Qu'est-ce que l'ISO 31000 ?

La norme ISO 31000, intitulée « Management du risque — Lignes directrices », s'adresse à toute organisation, quels que soient sa taille, son activité et son secteur, et à tous les types de risques. Elle ne dit pas quels risques gérer ni comment les coter : elle décrit une façon d'organiser la gestion des risques pour qu'elle serve réellement les décisions.

  • Historique : une première édition en 2009, puis une deuxième en 2018, plus courte et centrée sur la création de valeur, que l'ISO a présentée comme une simplification. Cette édition 2018 a été réexaminée et confirmée en 2023.
  • En France : elle est publiée par l'AFNOR sous la référence NF ISO 31000 (juin 2018), qui a remplacé la version de 2010.
  • Révision en cours : un projet de troisième édition est à l'étude au comité technique ISO/TC 262, chargé du management du risque. Tant qu'il n'est pas publié, la version de 2018 reste la référence.

Elle repose sur une définition très courte du risque : l'effet de l'incertitude sur les objectifs. Cet effet peut être positif ou négatif, ce qui fait du management du risque un outil de décision autant que de protection.

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Les huit principes de l'ISO 31000

Au centre de la norme figure la finalité du management du risque : créer et protéger la valeur. Huit principes décrivent ce qui rend un dispositif efficace. Ils servent de grille de lecture : un dispositif qui en ignore un fonctionne mal, même avec une excellente méthode de cotation.

Les huit principes et ce qu'ils signifient en pratique
PrincipeEn pratique
IntégréLa gestion des risques fait partie des décisions, des budgets et des projets, pas d'un exercice à part
Structuré et globalUne méthode commune, qui donne des résultats cohérents et comparables d'une équipe à l'autre
AdaptéLe dispositif est proportionné au contexte et aux objectifs de l'organisation
InclusifLes parties prenantes sont associées au bon moment, pour que leurs points de vue soient pris en compte
DynamiqueLes risques évoluent ; le dispositif repère les changements et y réagit
Meilleure information disponibleDonnées passées et présentes, prévisions et avis d'experts, avec leurs limites et leurs incertitudes
Facteurs humains et culturelsLes comportements et la culture pèsent sur chaque étape et doivent être pris en compte
Amélioration continueLe dispositif tire les leçons de l'expérience et progresse
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Le cadre organisationnel

Le cadre décrit comment intégrer le management du risque dans l'organisation. Il place au centre le leadership et l'engagement de la direction, entouré de cinq activités qui forment un cycle :

  • intégration : inscrire la gestion des risques dans la gouvernance, la stratégie et les opérations ;
  • conception : comprendre l'organisation et son contexte, formuler l'engagement, attribuer les rôles et les responsabilités, allouer les ressources, organiser la communication ;
  • mise en œuvre : déployer le dispositif, avec un plan, des échéances et des décisions réellement prises en compte ;
  • évaluation : mesurer périodiquement si le dispositif atteint ses objectifs ;
  • amélioration : adapter le dispositif et corriger ses faiblesses.

C'est la partie la plus souvent négligée. Beaucoup d'organisations ont un processus d'appréciation des risques sans cadre : pas de mandat de la direction, pas de propriétaire désigné, pas de revue. Les rôles que ce cadre doit répartir sont détaillés dans notre article sur la gestion des risques et celui sur le risk manager.

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Le processus de management du risque

Le processus d'ISO 31000 compte six activités, telles qu'elles apparaissent dans le sommaire public de la norme :

  1. Communication et consultation, tout au long du processus, avec les parties prenantes internes et externes.
  2. Périmètre, contexte et critères : ce que couvre l'exercice, l'environnement interne et externe, et les critères qui diront si un risque est acceptable.
  3. Appréciation du risque, en trois temps : identification, analyse (causes, conséquences, vraisemblance, efficacité des mesures existantes) et évaluation par comparaison aux critères.
  4. Traitement du risque : choix des options (éviter, réduire, partager, conserver, ou prendre un risque pour saisir une opportunité), puis plan de traitement.
  5. Suivi et revue, pour vérifier que le processus et ses résultats restent pertinents.
  6. Enregistrement et élaboration de rapports, pour tracer les décisions et rendre compte.

Ce processus générique est celui que reprennent les normes et méthodes spécialisées. Le schéma ci-dessous montre comment les trois parties de la norme s'articulent, puis comment le même processus se décline selon le domaine.

Schéma en deux temps. D'abord trois blocs reliés autour d'un disque orange marqué création et protection de la valeur : les principes (huit pastilles), le cadre (leadership et engagement au centre, entouré d'intégration, conception, mise en œuvre, évaluation, amélioration) et le processus (périmètre, contexte et critères ; appréciation du risque avec identification, analyse, évaluation ; traitement ; suivi et revue ; encadrés par communication et consultation, enregistrement et rapport). Ensuite, quatre flèches partent du processus vers quatre déclinaisons : ISO/IEC 27005 pour la sécurité de l'information, EBIOS RM de l'ANSSI pour les risques numériques, ISO 22301 pour la continuité d'activité et la cartographie des risques de l'entreprise. Une mention finale indique : lignes directrices, pas de certification.
ISO 31000 en trois parties : des principes, un cadre porté par la direction et un processus. Ce processus générique est repris par les normes et méthodes de chaque domaine.
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La famille ISO 31000

La norme ne vient pas seule. Deux documents l'accompagnent le plus souvent :

  • ISO 31073:2022, le vocabulaire du management du risque, qui a remplacé l'ancien Guide 73 : risque, source de risque, propriétaire du risque, appétence pour le risque, risque résiduel ;
  • IEC 31010:2019, qui présente des techniques d'appréciation du risque : remue-méninges, entretiens structurés, analyse des modes de défaillance, arbres de défaillances, nœud papillon, matrice gravité et vraisemblance, et bien d'autres, avec leurs forces et leurs limites.

Ces normes partagent le même vocabulaire que les normes de systèmes de management, ce qui facilite les ponts avec ISO 27001, ISO 22301 ou ISO 9001.

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ISO 31000 et ISO 27005 : quelles différences ?

ISO/IEC 27005 applique le processus d'ISO 31000 à la sécurité de l'information. Sa quatrième édition, publiée en octobre 2022, s'aligne explicitement sur ISO 31000:2018 et sur ISO/IEC 27001:2022. Les deux normes ne s'opposent pas : l'une donne le cadre général, l'autre le décline pour un domaine.

ISO 31000 et ISO/IEC 27005 comparées
ISO 31000:2018ISO/IEC 27005:2022
Risques couvertsTous : stratégiques, financiers, juridiques, opérationnels, de sécuritéLes risques de sécurité de l'information
ContenuPrincipes, cadre et processusProcessus détaillé, scénarios de risque, approches par les événements et par les actifs
Lien avec une certificationAucun : lignes directricesAppuie l'appréciation et le traitement des risques exigés par ISO 27001, elle-même certifiable
PublicDirection, risk manager, contrôle interneRSSI, responsables de la sécurité, responsables de SMSI

La méthode française EBIOS Risk Manager s'inscrit dans le même paysage : son guide la déclare compatible avec ISO 31000:2018 et conforme à ISO/IEC 27005:2022. En pratique, une organisation choisit ISO 31000 pour son dispositif d'ensemble, puis ISO 27005 ou EBIOS RM pour ses analyses de risques de sécurité, avec les mêmes échelles, de façon que les risques cyber remontent dans la cartographie des risques de l'entreprise.

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Pas de certification ISO 31000

C'est une question fréquente, et la réponse est nette : une organisation ne peut pas être certifiée ISO 31000. L'ISO l'indique elle-même : la norme fournit des lignes directrices et non des exigences, elle n'est donc pas destinée à la certification, mais elle peut guider les programmes d'audit interne ou externe. Une norme certifiable, comme ISO 27001, emploie le verbe « doit » et fixe des exigences vérifiables ; ISO 31000 emploie la formule « il convient de » et propose des bonnes pratiques.

Trois confusions reviennent souvent :

  • Les certificats de personnes délivrés par des organismes de formation (« risk manager ISO 31000 ») attestent qu'une personne a suivi une formation et réussi un examen, pas qu'une organisation applique la norme.
  • Les certifications de systèmes de management comme ISO 27001, ISO 22301 ou ISO 9001 exigent une approche par les risques. ISO 31000 aide à la construire, mais c'est la norme certifiable qui est auditée.
  • Une évaluation par un tiers au regard d'ISO 31000 reste possible, sous forme d'audit ou de diagnostic de maturité. Elle a de la valeur, mais ne donne pas lieu à un certificat accrédité.
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Mettre en œuvre ISO 31000 en pratique

  1. Obtenir le mandat de la direction : une politique de gestion des risques courte, qui dit pourquoi, pour qui et avec quels moyens.
  2. Fixer des critères communs : échelles de gravité et de vraisemblance, appétence pour le risque, seuils de décision.
  3. Désigner les rôles : propriétaires de risques dans les métiers, fonction risques en appui, audit interne pour l'assurance.
  4. Lancer le processus sur un premier périmètre, puis l'étendre ; réutiliser les analyses existantes (sécurité, continuité, conformité) plutôt que de tout refaire.
  5. Suivre et rendre compte : plans de traitement suivis, risque résiduel accepté formellement, revue régulière par la direction.
  6. Évaluer le dispositif au regard des huit principes, et l'améliorer.

Pour conduire vos analyses de risques avec vos propres échelles et méthodes, ISO 27005 ou EBIOS RM, et relier chaque risque à son plan d'action, voyez notre logiciel d'analyse de risques.

Synthèse

01

Des lignes directrices

ISO 31000 donne des principes, un cadre et un processus pour gérer tous les risques de toute organisation. La version en vigueur date de 2018 ; une révision est en cours à l'ISO.

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Un processus commun

Contexte et critères, appréciation, traitement, suivi, avec communication et enregistrement : ISO 27005, EBIOS RM ou ISO 22301 reprennent ce processus pour leur domaine.

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Pas de certificat

La norme ne contient pas d'exigences et ne peut pas servir de base à une certification. Elle sert de référence pour concevoir et auditer un dispositif de gestion des risques.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la norme ISO 31000 ?

ISO 31000 est la norme internationale de lignes directrices pour le management du risque. Elle s'applique à toute organisation, quels que soient sa taille, son activité et son secteur, et à tous les types de risques. Elle décrit des principes, un cadre organisationnel et un processus. La version en vigueur est ISO 31000:2018, publiée en France sous la référence NF ISO 31000.

Quels sont les principes de l'ISO 31000 ?

La norme pose comme finalité la création et la protection de la valeur, et décrit huit principes : un management du risque intégré, structuré et global, adapté, inclusif, dynamique, fondé sur la meilleure information disponible, qui tient compte des facteurs humains et culturels, et qui s'améliore en continu.

Peut-on être certifié ISO 31000 ?

Non, pas une organisation. L'ISO précise qu'ISO 31000 fournit des lignes directrices et non des exigences, et qu'elle ne peut pas être utilisée à des fins de certification. Des organismes de formation délivrent des certificats de compétence à des personnes, mais ils n'attestent pas qu'une organisation applique la norme.

Quelle différence entre ISO 31000 et ISO 27005 ?

ISO 31000 s'applique à tous les risques d'une organisation : stratégiques, financiers, juridiques, opérationnels. ISO/IEC 27005 applique le même processus aux risques de sécurité de l'information, avec des notions propres comme les actifs, les menaces, les vulnérabilités et les scénarios, et sert d'appui à l'appréciation des risques exigée par ISO 27001.

Quelle est la dernière version de l'ISO 31000 ?

La version en vigueur est la deuxième édition, ISO 31000:2018, réexaminée et confirmée par l'ISO en 2023. Elle a remplacé la première édition de 2009. Une troisième édition est en préparation au comité technique ISO/TC 262 ; tant qu'elle n'est pas publiée, la version 2018 reste la référence.

Quelles étapes compte le processus de l'ISO 31000 ?

Le processus comprend l'établissement du périmètre, du contexte et des critères, l'appréciation du risque (identification, analyse et évaluation), le traitement du risque, et le suivi et la revue. La communication et la consultation, ainsi que l'enregistrement et le compte rendu, accompagnent toutes ces étapes.

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